"Le fantôme d'Aziyadé" d'après Pierre Loti avec Xavier Gallais : si l'amour était conté...

À voir si : vous avez le cœur passionné

Du 5 au 26 juillet 2019
au Festival OFF d’Avignon
au Théâtre La Reine Blanche

Reprise à Paris du 8 janvier au 1er mars 2020
au Lucernaire

© Pascal Victor/ArtcomPress

© Pascal Victor/ArtcomPress


“J’aurais voulu manger le son de sa voix”

Le Fantôme d’Aziyadé, d’après Pierre Loti


Dans un seul en scène intense et envoûtant, Xavier Gallais se fait le conteur habité des amours orientales de l’écrivain-voyageur Pierre Loti. Usant de sa voix incroyable et de sa douceur toute sensuelle, le fabuleux comédien emporte loin, sur les rivages de ces fascinantes contrées à la recherche d’une femme jadis adorée.

Seul sur le plateau, Xavier Gallais se prépare à entrer dans son art tant aimé. Sa silhouette vêtue de noir ne se découpe de la scène que par la blancheur éclatante des manches de chemises, le tout offrant l’image enivrante d’une apparition. Quand le son de la voix vient à percer ce silence à l’aura déjà éprouvée, la connexion se fait…

Les mots à effet de fantasmes, la mise en scène au parfum de sacré, le jeu céleste et charnel à la fois, tout concourt dans “Le Fantôme d’Aziyadé” à convoquer un temps suspendu, celui du théâtre.
— Apartés

L’incroyable pouvoir évocateur d’un texte



Errance vécue, errance imaginée… L’adaptation pour le théâtre de deux romans du baroudeur du début du XXème siècle, Pierre Loti, Le fantôme d’Orient et Aziyadé, donne un Fantôme d’Aziyadé brûlant d’amours perdues et de souvenirs enfouis, expérience inoubliable pour le spectateur. L’écrivain français y dévoile sa passion commune pour une beauté orientale et une ville orientale en deux temps : celui de l’amour et du vivant et celui de la mort et du souvenir. Nous invitant à déambuler à sa suite dans les rues mystérieuses d’Istanbul, il entremêle le temps du bonheur où les prunelles « vert de mer » d’Aziyadé charmait son cœur de grand voyageur et celui, dix ans après, de la recherche inlassable de l’être aimé. « Je me suis égaré au cœur même du quartier des harems »… D’une écriture ardente, il éveille les sens du lecteur, déployant un torrent d’images et de sensations qui invitent puissamment au voyage. Un matériau extraordinaire pour le théâtre, livré par les co-metteurs en scène que sont Florient Azoulay et Xavier Gallais dans une simplicité de moyens percutante et une pureté absolue d’interprétation. Les mots à effet de fantasmes, la mise en scène au parfum de sacré, le jeu céleste et charnel à la fois, tout concourt dans Le Fantôme d’Aziyadé à convoquer un temps suspendu, celui du théâtre.

sublimé par un comédien transporté

Qui mieux que Xavier Gallais pour nous faire chavirer d’une seule sonorité, d’un seul regard, d’un seul silence ? Sa voix chaude fait tressaillir les mots qui jaillissent, puissants et enivrants, eux-mêmes invités dans une douce mélopée orientale, arrangement musical subtil (signé Olivier Innocenti) qui se fait le compagnon de route de ce conteur solitaire. Habillant sa voix de multiples ressentis, opérant des silences hypnotisants, Xavier Gallais magnifie de sa présence intense toute la poésie des écrits de Pierre Loti. Et nous voilà vibrants à notre tour de ce fol amour interdit, allant jusqu’à imaginer plonger nos doigts de douleur et d’adoration dans cette terre funéraire où l’être aimé est enfermé depuis sept années. Une irrépressible envie nous habite tout au long du spectacle de Xavier Gallais, comme l’écrit Pierre Loti pour sa belle Aziyadé : celle de « manger le son de sa voix ».

Claire Bonnot

"Le fantôme d'Aziyadé" d'après Pierre Loti de Florient Azoulay et Xavier Gallais et avec Xavier Gallais

Durée : 1h10