"Les pâtes à l'ail" de Bruno Gaccio, Philippe Giangreco et Jean-Carol Larrivé : le cœur des hommes

À voir si : vous avez le cœur léger

Du 3 octobre au 31 décembre 2019
au Théâtre La Scène Parisienne

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“On mange des pâtes, on boit un coup de Barolo et au café... je te tue , et je rentre chez moi ?”

Les pâtes à l’ail, de Bruno Gaccio, Philippe Giangreco et Jean-Carol Larrivé


Un duo de comédiens particulièrement attachants nous joue une belle partition sur l’amitié entre hommes. Une soirée rafraîchissante avec juste ce qu’il faut d’émotion !

Les beaux rideaux rouges ouvrent sur un décor d’appartement design - probablement parisien. Un homme est en train de faire cuire des pâtes, a mis la table, deux couverts. Il n’a pourtant pas l’air dans son assiette…

Les répliques fusent joliment, le franc-parler est apprécié, le naturel est au rendez-vous : on se sent accueilli dans ce salon cosy où se joue l’histoire d’une vie.
— Apartés

L’amitié, c’est (grave et c’est) sacré !



Ce soir-là, comme tous les mois depuis des décennies, deux grands amis d’enfance se retrouvent autour d’un bon plat de pâtes à l’ail en échangeant leurs dernières confidences. Mais ce soir-là, rien n’est plus comme avant. L’hôte de la soirée n’a pas le cœur à rire alors que l’ami a une nouvelle histoire de cœur à partager. Atmosphère électrique, amours propres froissés, incompréhension… Vincent et Carlo ne sont absolument pas sur la même longueur d’ondes. La soirée de retrouvailles habituelle s’annonce ratée. La faute à Carlo qui a invité sa nouvelle conquête pour le café. Vincent ne peut supporter cette trahison d’amitié un soir de rituel sacré. Bouillonnant, renfrogné, il dira enfin la vérité : diagnostiqué cancéreux, il ne peut et ne veut supporter la déchéance de la maladie et a choisi son ami pour qu’il… l’envoie au paradis… S’ensuivent alors des discussions presque irréelles sur comment procéder, vite stoppées par l’ami effaré de cette unique possibilité. C’est à ce moment - grave et décisif - que l’amitié des deux hommes se dévoile, entre gravité, émotion, rires, badinages. Les deux potes se remémorent leurs souvenirs de gosses, leurs amourettes, refont le roman de leur vie, l’un marié, père de famille rangé (le malade), l’autre, photographe baroudeur à la vie amoureuse tumultueuse. Ce dernier parviendra à jouer juste ce qu’il faut de comédie pour sauver son grand ami - même si l’histoire fait des détours un peu alambiqués mais dans un esprit qui sied finalement bien au boulevard ! Et c’est bien beau de voir deux hommes se dénuder, se donner et s’abandonner pour s’aider et s’aimer envers et contre tout !

Un jeu complice et tendre

C’est un beau roman, c’est une belle histoire… Celle de deux véritables amis à la ville depuis soixante ans, Bruno Gaccio (Carlo) et Philippe Giangreco (Vincent). Ils n’avaient jamais encore été amis à la scène et ils en rêvaient. C’est chose faite grâce à Jean-Carol Larrivé - qu’ils connaissent aussi depuis bien longtemps - et avec qui ils ont pondu une comédie émouvante et pleine de justesse. Ce jeu indéniablement complice entre les deux comédiens irradie sur la scène des « Pâtes à l’ail ». Les répliques fusent joliment, le franc-parler est apprécié, le naturel est au rendez-vous : on se sent accueilli dans ce salon cosy où se joue l’histoire d’une vie. Un bon moment de théâtre !

Claire Bonnot

"Les pâtes à l'ail" de Bruno Gaccio, Philippe Giangreco et Jean-Carol Larrivé

Théâtre La Scène Parisienne
34, rue Richer 75009 Paris

Du jeudi au samedi à 19H
Durée : 1h15