"Dans la peau de Cyrano" par et avec Nicolas Devort : à la fin de l’envoi, il touche !

À voir si : vous avez le cœur léger

au Lucernaire
Du 8 janvier au 17 mars 2019

© Dominique Chauvin

© Dominique Chauvin


“Tu vois, C…. Cyrano, i… il a beau être f…fort et c… courageux il est… est quand même un peu f…fragile à l’intérieur”

Dans la peau de Cyrano, Nicolas Devort


Dans ce seul-en-scène joyeusement imagé, l’auteur et interprète fait de Cyrano de Bergerac le sauveur d’un jeune collégien complexé. Il ne s’agit pas de réveiller le versant bagarreur du célèbre Gascon mais bien plutôt de s’envelopper de son panache, rempart à la fragilité. Un très chouette spectacle où l’on rit volontiers, charmés par les talents d’humoriste de Nicolas Devort.

Sur la scène, une chaise trône… solitaire ou impériale ? Voilà que Nicolas Devort la soumet au regard des autres, le nôtre, public. Ou le thème de la pièce en une scène.

On sort remplis de confiance ou tout simplement heureux de cette jolie comédie théâtrale sur le respect dont l’exemple est à suivre si l’on est encore adolescent ou si l’on est à l’âge de passer le flambeau. Celui des valeurs humaines et fondamentales que véhicule notre cher Cyrano
— Apartés

Une belle histoire qui conjugue rires et émotion



Il était une fois un certain Colin, collégien mal dans sa peau. Et oui, il bégaie, et c’est pas facile de se trimballer ça à l’adolescence. Sa chance ? Assister au cours de théâtre de son établissement. Le professeur, attentif, le pousse - un peu, mais pas trop pour ne pas le brusquer. « Tu es une banane, Colin, j’épluche la banane », lui dira-t-il en plein exercice. Et Colin d’ouvrir enfin les bras, de s’ouvrir… Étape par étape, cours après cours, le public assiste à une très marrante comédie humaine autour de l’adolescence du XXIème siècle qui se dévoile en miroir de l’histoire de Cyrano de Bergerac. Nicolas Devort sait se jouer des clichés avec une tendresse drôlissime et en répétant les mimiques qui caractériseront tout au long de la pièce chacun des sept personnages - dont le professeur de théâtre - qu’il interprète : ici, Benoît, le gros bêta qui rit à tout bout de champ, là Adélaïde, la jolie plante un peu maniérée en recherche de passion… et, Colin, recroquevillé sur lui-même. C’est à la découverte du personnage de Cyrano de Bergerac qu’il se rendra compte que sa différence peut le rendre plus fort et surtout qu’il est doué, lui aussi, pour les bons mots. La scène réécrite à la sauce d’jeuns de la tirade du nez est excellente : « B… bourin ! ça, ça devrait t-t’aller bien, b.. bourin… Ce… ce sont tes dents qui b…bloquent le passage des mots. S…si j’en pétais quelques-unes, i…ils trouveraient leur chemin tout de go ! »
Le public assiste ainsi à une très belle éclosion et à une très touchante histoire de transmission, d’un maître à un élève, d’un personnage de fiction à un héros ordinaire, luttant dans son histoire à lui.

interprété, dans un rythme enlevé, par un seul acteur irrésistible

Nicolas Devort est une vraie présence, nul besoin d’autre chose pour embarquer son public qu’une scène, un auditoire, une chaise et son charisme. Mention spéciale à ses sourcils qui ajoutent un je ne sais quoi de figuratif à ses mimes hilarants. Le texte est fluide, clair, drôle, touchant, efficace. Le jeu est prenant de bout en bout et on sort remplis de confiance ou tout simplement heureux de cette jolie comédie théâtrale sur le respect dont l’exemple est à suivre si l’on est encore adolescent ou si l’on est à l’âge de passer le flambeau. Celui des valeurs humaines et fondamentales que véhicule notre cher Cyrano.


“Dans la peau de Cyrano” de et par Nicolas Devort

au Théâtre du Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs
75006 Paris

Le spectacle se joue aussi en ANGLAIS les mardis
Du mercredi au samedi à 20h et le dimanche à 17h
Durée : 1h15