"PAN" d'après l'adaptation de Irina Brook et par le Collectif La Cabale : un irrésistible pays imaginaire...

À voir si : vous avez le cœur léger et passionné

Du 5 au 28 juillet 2019 à 20h05
à la Fabrik Théâtre
au Festival OFF d’Avignon

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« Oh mais si tu veux venir, il faut croire »

Pan, Le Collectif La Cabale


Avec ses comédiens fougueux et hilarants, le Collectif La Cabale convoque intensément le Pays Imaginaire de Peter Pan. Beaucoup de féérie et le zeste parfait de mélancolie emportent dans ce temps merveilleux du conte et du théâtre.

Après avoir traversé la jolie forêt végétale de la Fabrik Théâtre, nous voilà plongés instantanément dans le rêve d’un ailleurs. Peter Pan s’immisce, sautillant, dans une chambre d’enfants londonienne. Il joue à cache-cache avec son ombre et, sacrément bruyant, réveille la jeune fille de la maison…

PAN est un fantastique moment de théâtre, où il est permis de redevenir un enfant et où il est offert de grandir avec bonheur.
— Apartés

Une mise en scène collective à l’énergie réellement féérique



« Oh mais si tu veux venir, il faut croire » s’exclame Peter Pan comme s’il s’adressait au public. Les spectateurs, petits et grands, sont à l’unisson ce soir-là et bien décidés à faire le grand voyage qui emmène de l’étoile à droite jusqu’au petit matin. Le décor dévoile alors une ravissante cachette bucolique peuplée de jeunes danseurs de hip-hop, casquettes à l’envers, d’un Tigrou malhabile et de petits garçons déguisés en indiens. C’est le royaume des enfants perdus qui attendent patiemment la maman que leur a promis Peter Pan. Mais c’est sans compter sur la jalousie de Clochette - drolatique petite danseuse qui parle à toute vitesse (Marine Barbarit), qui leur demande de tirer sur l’oiseau volant qui s’approche. Catastrophe : c’est la jeune fille, Wendy, ramenée de Londres par Peter. Sauvée par le “baiser” qu’il lui a donné, Wendy devient vite indispensable à ce joyeux troupeau ignorant la tendresse d’une maman. Mais dans ce pays où le temps s’est arrêté, la partie sombre de l’humanité rôde, envieuse, dans le Jolly Roger du vilain Capitaine Crochet. Entouré de ses sbires, le mythique monsieur Mouche, quasi-mutique, un hispanophone plus gentil que méchant et une brute épaisse fuyant au moindre bruit, l’élégant pirate au cœur de pierre cite à tout-va Shakespeare - « Avoir une main, ne pas avoir une main, telle est la question ! » - oscillant entre la furie vengeresse et la souffrance de la solitude. Le décor de l’histoire de James Matthew Barrie est ainsi parfaitement planté, entre la féérie d’un monde enfantin que tout adulte rêve de retrouver et l’angoisse inéluctable du temps qui passe et ravage tout sentiment de liberté. Du rire, avec les bêtises des enfants perdus, de l’émotion, quand il faut ranimer les fées mourantes, de l’action, avec la bataille épique entre Pan et Crochet, tous les ingrédients sont bien présents pour nous faire passer un moment merveilleux.

De jeunes comédiens passionnés qui emportent loin

Cette jeune compagnie - auréolée du prix du meilleur spectacle du Cours Florent 2019, est à suivre de près, pour sa faculté à orchester un théâtre collectif soigné, énergique et envoûtant. La représentation fut bel et bien magique, entre un Peter Pan plus vrai que nature avec le très facétieux, acrobatique et poignant Nicolas Ladjici, une Wendy radieuse et émouvante Margaux Francioli et un Crochet épique. Mention spéciale à l’interprétation tendre et machiavélique de Charles Mathorez, qui incarne à merveille ce pirate sanguinaire rêvant d’amour et de tendresse, effrayé par la solitude et se posant des questions existentielles. “PAN” est un fantastique moment de théâtre, où il est permis de redevenir un enfant et où il est offert de grandir avec bonheur.

Claire Bonnot

“PAN” d'après l'adaptation de Irina Brook et par le Collectif La Cabale,

Durée : 1h20