"Les Planches de l'ICART" - Acte IV : Viens voir la nouvelle génération de comédiens !

Finale du Prix d’interprétation seul en scène de l’acte IV
le 8 mars 2021
au Théâtre du Gymnase Marie Bell

Affiche officielle réalisée par Chiara Combes

Affiche officielle réalisée par Chiara Combes

De l’héroïsme…

…Il en faut pour le monde de la Culture soumis à rude épreuve depuis les débuts de la crise sanitaire, il y a un an, soit une éternité... Un panache bienvenu que nous offrirons en ligne et en direct, le lundi 8 mars prochain dès 20h, via la plateforme Twitch et depuis les planches du théâtre du Gymnase Marie Bell, les dix finalistes de l’Acte IV des Planches de l’ICART qui célèbre le spectacle vivant et récompense deux lauréats.

Au programme ? L’héroïsme vu par le prisme du théâtre, de la danse, du slam et du stand-up et l’univers de dix parcours artistiques en pleine éclosion.

Le coup de pouce ? Des rencontres professionnelles, une belle exposition et deux prix en prime : un Prix du Jury (dotation de 1 500 €) décerné par les jurés et un Prix du Public - Artistik Rezo (dotation exceptionnelle de 1 000€), élu par le public - et donc par vous-même, spectateur haletant ! - par un système de vote.

L’initiative tremplin pour les artistes émergents a été créée en 2017 par les étudiants du MBA Spécialisé Ingénierie Culturelle et Management de l’ICART Paris, établissement privé d’enseignement supérieur reconnu par le Ministère de la Culture, qui forme les managers culturels de demain. Pour cette quatrième édition, ce sont vingt passionnés de spectacle vivant qui pilote le projet aux multiples nouveautés : parmi elles, la mise en place d’un accompagnement professionnel pour les candidats tout au long de l’aventure.

L’autre belle affiche ? Le jury ! Neuf professionnels du spectacle vivant que voici : Fabienne Bichet, révélatrice de grands talents, membre du comité des Molières et du comité Révélations des Césars en 2010; Flavie Fontaine, comédienne, metteure en scène et directrice du théâtre La Flèche à Paris; Fleur Houdinière, co-directrice de la société familiale Atelier Théâtre Actuel aux nombreux succès (La Machine de Turing, Adieu Monsieur Haffmann…) et du Théâtre de la Pépinière; Marjorie Ascione, danseuse pour des artistes prestigieux (Blanca Li, Mariah Carey) et chorégraphe de comédies musicales, est aujourd’hui directrice artistique de l’émission “La France a un Incroyable Talent”; Nicolas Laugero Lasserre, directeur de l’ICART et président fondateur d’Artistik Rezo; Pascale Henrot, danseuse puis directrice de la Compagnie DCA/Philippe Decouflé, elle est aujourd’hui directrice de l’Onda, l’Office National de diffusion artistique qui encourage la diffusion des formes contemporaines du spectacle vivant; Soledad Franco, directrice du site Casting.fr; Antoinette Colin, Directrice artistique du Point-Virgule; Guillaume Sentou, comédien et quel comédien ! Apartés a été conquis par son Edmond dans la pièce d’Alexis Michalik, comme toute la profession qui lui a décerné le Molière de la Révélation Masculine en 2017.

Et maintenant, place aux artistes !

ALESSANDRO SANNA, l’héroÏsme (extra)ordinaire

ALESSANDRO SANNA, l’héroÏsme (extra)ordinaire

Apartés a pu rencontrer deux des finalistes - via Zoom ! - après avoir visionné - derrière un écran, mais bientôt en chair et en os ! - leurs prestations talentueuses. Voici le comédien Alessandro Sanna et le danseur Régis Tsoumbou.

Alessandro…

…nous raconte une histoire de sauvetage in extremis, de gloire instantanée, d’héroïsme couronné. Ah oui, vraiment ? C’est ça l’héroïsme ? Ça nous tomberait dessus comme ça ? Il se dit qu’il pourrait très bien avoir cette chance, lui aussi… Celle d’être là au bon moment. Pour sauver quelqu’un, bien sûr, mais aussi pour se sauver de sa vie ordinaire en devenant extra-ordinaire : un héros, quoi ! Et voir le regard énamouré de Cécile, sa copine, au passage. Avec son charmant accent italien, son air de ne pas y toucher et ses mimiques de type ultra-préoccupé qui n’ira… jamais, Alessandro nous embarque allègrement avec lui dans cette petite histoire toute simple d’un jeune gars qui rêve sa vie (et laisse passer sa “chance”) lors d’un voyage en métro. Un bon moment, bien rythmé, bien interprété et impactant !

Tu as voulu mettre en avant l’héroïsme ordinaire qui serait à portée de main de tous… Comment en es-tu venu à cette idée ? Le dossier de candidature demandait “Comment voyez-vous l’héroïsme ? » et je me suis dit « Dans la vie de tous les jours, ça peut être quoi l’héroïsme ? Est-ce qu’on peut être confrontés à cette question là ? ». Cette saynète m’a été inspirée par l’histoire d’un ami qui avait vécu une anecdote finalement un peu banale dans le métro parisien : un mec bourré était rentré en hurlant et avait commencé à être agressif. Je lui ai alors demandé si lui ou quelqu’un avait tenté de faire quelque chose… Je trouvais que c’était intéressant de mettre l’accent sur ces petits moments de vie quotidienne où tout le monde est dans sa bulle, fonce dans sa trajectoire de tous les jours et ne regarde pas autour alors qu’il se passe beaucoup de choses.

Que représente le théâtre pour toi ? Il y avait, chez moi, cette envie de raconter des histoires. J’aime le concept de la légèreté, de l’amusement, qui va finalement amener quelque chose de plus lourd, de plus profond. Je suis un grand adepte de Molière.

Crois-tu que le théâtre peut changer le monde ? Je crois bien car c’est un endroit de rencontres où l’on parle directement aux gens, où il n’y a pas de filtres, pas d’écrans.

Comment es-tu venu au théâtre et quelle est ta formation ? C’est en jouant dans Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, à l’école primaire. Pourtant, je n’ai pas tout de suite fait du théâtre, je me suis mis à la danse classique. C’est à la fin du lycée que j’ai eu envie de faire du théâtre mais spécifiquement en Français, alors que je suis Italien. Apparemment, j’avais une manière de rouler les “r” à la française ! Je suis parti à Paris à dix-huit ans et je me suis dit que j’allais faire la faculté de théâtre et de cinéma mais on ne faisait pas de pratique là-bas à part le côté mise en scène… Je me suis alors inscrit au Conservatoire du 19ème. J’en suis à ma dernière année actuellement.

RÉGIS TSOUMBOU, danser la vie d’artiste © Bernard Bousquet

RÉGIS TSOUMBOU, danser la vie d’artiste © Bernard Bousquet

Que t‘apporterais un Prix Les Planches de l’ICART ? J’ai connu Les Planches via Clément Julliard qui est avec moi au Conservatoire et qui a gagné il y a deux ans. Ça m’ouvrirait à beaucoup de rencontres professionnelles et me permettrait de pouvoir m’investir sur un spectacle. J’écris actuellement un seul en scène sur une journée particulière d’un jeune à Paris. Une manière de raconter des désirs, des ambitions, des chutes… Peut-être raconter une génération ?

Régis…

… s’exprime puissamment en dansant. Entre fluidité, fougue, élans et empêchements, il témoigne du musèlement actuel de l’artiste, héros contemporain se battant pour une culture libre et émancipatrice. Accompagné de textes, opérant des mimes, Régis nous fait entrer dans la danse, celle d’un poète du mouvement, celle d’un artiste engagé. Un moment fort en émotions !

Comment as-tu imaginé ta prestation en rapport au thème de l’héroïsme ? J’ai voulu parler de la place de l’artiste dans la société par rapport à notre situation actuelle. Tout en proposant une chorégraphie, je trouve que la parole a une place dans le geste en plus de ce que peut exprimer un corps en mouvement. J’ai donc ajouté à ma danse des textes qui me touchent personnellement : un poème africain intitulé J’accuse, un texte d’un slameur burkinabé Doueslik et L’enfant criminel de Jean Genet.

Comment es-tu entré dans la danse et que représente-t-elle pour toi ? Avant, je faisais du football et c’est grâce à un film américain - dont je ne me rappelle plus le titre ! - que j’ai eu envie de danser. Ça a été une révélation. Juste après, j’ai essayé des mouvements de breakdance au sol. J’ai continué cette passion en allant me former au Burkina Faso en danses traditionnelles et danses afro-contemporaines. Je voulais ensuite pouvoir mélanger tout ce que j’avais appris en gardant une certaine qualité hip hop. J’ai complété ma formation en venant faire une licence de recherche en danse à Paris. Je voulais donner un sens à ce que je faisais, comprendre ce geste de danse. Aujourd’hui, mon style de danse est hybride. Je mélange tout ce que j’ai appris, ce que je recueille des personnes qui m’inspirent. Je fais aussi de la danse un peu plus engagée, la danse Krump. Ce sont des mouvements de révolution qui te permettent de libérer ta colère et ta joie, de dire des choses ! Je suis aussi Directeur d’une compagnie de danse, la compagnie Saregki, que j’ai créée en 2018 avec deux autres danseurs.

Quel rapprochement ferais-tu entre héroïsme et danse ? Pour moi, la danse est un facteur primordial pour faire évoluer la pensée des gens. Dans la danse, on peut transmettre des émotions, on peut pleurer, crier, sourire. C’est pour moi une forme d’héroïsme de parvenir à transmettre toutes ces choses à un spectateur. Quand on te dit à la sortie d’un spectacle « C’était tellement touchant ! Vous m’avez offert une belle soirée » ou « Vous avez amélioré ma journée », tu comprends que ce que tu fais en tant qu’artiste est important.

Que t‘apporterais un Prix Les Planches de l’ICART ? De pouvoir aider ma compagnie à faire des résidences de création car ce n’est jamais facile pour les jeunes compagnies parisiennes… surtout dans cette période où tout est bousculé. Actuellement, nous sommes en pleine création de deux pièces. La première questionne la place du danseur dans la société africaine. L’idée est de montrer qu’on peut vivre de la danse, qu’on peut construire sa vie grâce à la danse. La deuxième se nomme « Corpus Clamoribus » en latin, à savoir « Les Cris du corps ». Elle questionne l’intime, ce que notre corps peut nous dire et comment nos pensées y réagissent.

***Pour suivre le travail de Régis, il n’y a qu’un pas (de danse) à faire, s’abonner à son Instagram

Rendez-vous le 8 mars 2021 pour le lever de rideau !

Claire Bonnot